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Le bombardement de Gernika

Le bombardement de la ville a eu lieu le 26 avril 1937.

“ Fondamentalement, cette attaque avait une double fonction : c’était un bombardement destiné à semer la terreur et une expérience militaire” 

Xabier Irujo. Directeur du Centre d’Études Basques de l’Université du Nevada

Qui a bombardé Gernika et pourquoi ?

Gernika a été la première ville ciblée par un bombardement conçu :

  1. Comme une expérience militaire à grande échelle avec l’utilisation massive de bombes (on estime qu’entre 31 et 41 tonnes de bombes furent lancées ce jour-là).
  2. En suivant un plan d’attaque qui allait être reproduit ailleurs en Europe au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Ce bombardement était un terrain d’études idéal pour l’aviation allemande récemment créée, la Luftwaffe. En théorie, l’objectif de cette attaque était de détruire le pont de Renteria pour empêcher le repli des troupes basques sur Bilbao. Néanmoins, la force disproportionnée de l’attaque démontre qu’elle était en fait destinée à démoraliser les troupes et à décourager la population civile en vue d’accélérer la chute du front nord.

Combien de temps a duré ce bombardement ? Plan d’attaque

Le 26 avril 1937 était un lundi, jour de marché. À cette date, une certaine nervosité planait sur la ville à la suite du récent bombardement de la localité voisine de Durango, située à 30 km à peine de Gernika. Malgré cela, le marché eut lieu comme à l’accoutumée, et bien que le chiffre soit difficile à préciser, on estime que 10 000 à 12 000 personnes devaient être présentes ce jour-là à Gernika.

À 16 h 20, les cloches de l’église Santa María sonnèrent pour avertir la population de l’arrivée d’avions ennemis. La majorité de ces avions appartenaient à la « Légion Condor » allemande, et d’autres, moins nombreux, à l’« Aviazione Legionaria » italienne. Ils étaient partis des aéroports de Vitoria, Burgos et Soria qui servirent de base pour cette attaque. En entendant l’alerte, les habitants coururent se protéger dans les différents refuges qu’ils avaient construits. Ils y restèrent pendant quatre heures, jusqu’à la fin du bombardement. Cette attaque incessante, qui ne laissait quasiment aucun répit entre les différentes vagues de bombardements, fut planifiée selon une tactique bien précise:

  1. Tout d’abord, des bombardiers et des avions de chasse furent utilisés pour alerter la population et la contraindre à rejoindre les refuges situés dans le centre de la ville. Ensuite, des avions de chasse survolèrent la zone en formant des cercles pour que personne ne puisse s’échapper du noyau urbain.
  2. Les premières bombes lancées pesaient entre 50 et 250 kg. Elles furent utilisées pour détruire les immeubles. Après avoir détruit les toits, elles tombaient au sol où elles formaient d’énormes cratères, laissant à découvert l’ossature en bois des maisons et divers éléments de même nature très utilisés dans les constructions de cette époque.
  3. Ensuite, ce fut le tour des bombes incendiaires. Ces bombes pesaient de 1 à 2 kg. Elles étaient en acier et contenaient un alliage de magnésium, d’aluminium et de zinc qui, en entrant en contact avec d’autres métaux, provoquait des incendies incontrôlables dégageant des températures qui atteignaient les 1500 degrés centigrades. Elles déclenchèrent à Gernika un énorme incendie visible depuis des villes situées à de nombreux kilomètres de là.
  4. Enfin, les survivants qui tentaient de s’échapper du centre-ville furent mitraillés par les avions de chasse qui volaient en piqué à une altitude inférieure à 50 mètres. Ils bloquaient les accès de Gernika, volant en cercles pour contenir la population dans le périmètre de l’incendie. Le centre de Gernika était fait de petites rues très étroites et de maisons serrées les unes contre les autres, ce qui facilita la propagation du brasier.

Superficie détruite

D’après un rapport du Service National des Régions Dévastées – un organisme de la dictature chargé d’évaluer les dommages matériels survenus pendant la guerre et les travaux de reconstruction ultérieurs – 85,22 % des bâtiments (271 au total) furent entièrement détruits, et les autres partiellement endommagés.

Nombre de victimes

Le Gouvernement d’Euskadi enregistra le décès de 1654 victimes.

  • Le maire de Gernika, Jose Labauria, déclara que plus de mille personnes avaient perdu la vie à Gernika, et parmi elles, 450 personnes qui se trouvaient dans le refuge de la rue Andra Mari.
  • Le père Eusebio Arronategi, qui se trouvait à Gernika pendant le bombardement et qui avait participé aux secours et à l’identification des cadavres les jours qui suivirent déclara avoir vu « des milliers de ses concitoyens asphyxiés, morts, ou blessés ».
  • Ces chiffres furent confirmés par 38 témoins oculaires, notamment par des journalistes internationaux venus effectuer des reportages à Gernika.

Le nombre total des victimes décédées est toutefois difficile à établir, car les 60 000 m3 de décombres ne furent dégagés du centre-ville qu’à la fin de l’année 1941. Le régime franquiste ne consigna aucun mort à cette époque et parvint à faire disparaître les enregistrements effectués par les autorités basques, effaçant ainsi jusqu’à la mémoire des victimes. Les travaux de recherches concernant le décompte et l’identification des victimes sont toujours en cours aujourd’hui.

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Itinéraire du bombardement

L’itinéraire du Bombardement est un parcours interactif audioguidé dont les 11 panneaux sont installés à différents points du centre de Gernika.